Béhanzin et sa famille en exil, Série Béhanzin, 2020, Bains d'élixir et acrylique sur toile libre, 260 x 258 cm. Courtesy Galerie Eric Dupont, Paris


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Galerie Eric Dupont

Enseigne des Oudin


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Roméo Mivekannin

Roméo Mivekannin est né en 1986 à Bouaké en Côte d’Ivoire. Diplômé de l’École Nationale d’Architecture de Toulouse en 2015, il vit et travaille entre Cotonou (Bénin) et Toulouse (France).

En doctorat à l’Université Paul Valéry et à l’École d’Architecture de Montpellier, sa thèse s’intitule « Afrique Postcoloniale et photographie contemporaine : espaces urbains / espaces invisibles ».

Mivekannin a rejoint la galerie en 2019. Il s’attaque aux stéréotypes et au racisme que l’on rencontre dans les représentations occidentales des peuples africains. Dans la série Barnum, il revisite un regard colonialiste en plaçant son visage sur chaque figure noire des photographies dites exotiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Dans la série Le Modèle noir, l’artiste revisite les grands classiques de l’histoire de l’art occidental et souligne la présence du corps noir. Dans sa série la plus récente, des Cartes postales coloniales, il applique cette stratégie aux cartes postales envoyées en France par les colons français. Les œuvres de la série Béhanzin explorent une histoire à la fois politique et personnelle, représentant sa famille, celle de son arrière-arrière-grand-père Béhanzin, le dernier Roi du Dahomey.

Mivekannin applique de l’acrylique noir sur des draps assemblés qui deviennent des toiles par l’acte de peindre. À partir de ces surfaces, il nous regarde d’une manière étrange, il présente l’histoire de l’art occidental sous un nouveau jour et de ce fait nous questionne. Ce lieu est paradoxal : il est à la fois modèle et peintre, témoin et acteur, masque et visage. En faisant de la partie sacrée de son corps, son visage, un masque qui couvre les modèles noirs du passé, il accomplit un acte sacrificiel afin d’infiltrer l’histoire de l’art occidental. Il revêt, à la fois, les oripeaux du dominé et l’aura du peintre. Cette stratégie aboutit à une colonisation symbolique qui usurpe la toile et subvertit la dynamique du pouvoir établi. En incarnant la condition noire, il devient capable de la faire basculer vers un nouveau jour où ceux qui étaient considérés comme de simples modèles deviennent les acteurs de leur propre représentation.

Dans le cadre de Traversées africaines, Roméo Mivekannin présente deux expositions. L'une, à la Galerie Eric Dupont, présente sa nouvelle série Béhanzin. L'autre, à l'Enseigne des Oudin, met face-à-face ses oeuvres face à celles du français Marcel Alocco.